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Hommage à Jean Lacaze (par Jacques Moignard)

Discours de Jacques Moignard

Député-maire de Montech

Pour le 70ème anniversaire des combats de La Vitarelle

Maquis des Carottes

Hommage à Jean LACAZE

 

 

« Me voici sur la Route

La route âpre conduisant au Futur.

Des deux côtés coulent les fleuves

De mes vies différentes et multiples

Je les contemple avec mélancolie…

Et au fond de la Route

Se dresse un blanc fantôme

Qui ricane et qui luit.

Je vois ses yeux et son doigt qui m’appelle

Je voudrais revenir sur mes pas… »

 

Mesdames et Messieurs ces quelques vers du poème de Jean LACAZE intitulé : « chants de départ » sont les vers de la fin d’un long écrit par lequel le jeune homme retranscrivait à 18 ans ses émois et sentiments à l’égard d’êtres chers et de considérations mélancoliques et tristes couramment révélées chez tout adolescent sensible.

 

J’aimerais, en cette fin de matinée, alors que nous sommes rassemblés pour commémorer le 70°anniversaire des combats de La Vitarelle, j’aimerais tout particulièrement évoquer ce personnage que fut Jean LACAZE.

 

Après le dévoilement de la plaque de cette place désormais désignée, après les propos de monsieur Garrigues et de monsieur Delos, je ne saurai avoir la prétention d’afficher des connaissances érudites sur ce sujet typiquement local qui embrasse toutefois un large pan de notre histoire.

Car évoquer Jean LACAZE c’est évoquer des milliers d’hommes et de femmes qui ont livré des combats souvent méconnus mais des combats héroïques qui font que nos pouvons être présents aujourd’hui dans un monde de paix…Même si, entre nous, ce monde de paix vaille à tout moment.

 

Pour tenter de parvenir à cette évocation je vais, devant vous, relater des extraits glanés au fil de mes lectures.

 

Et  tout d’abord cette narration de Monsieur Raymond Lacaze, le père :

 

« Et le 20 août, à treize heures, atteint de deux balles allemandes, tu mourais dans un chaume à quatre kilomètres de ta maison !

 

Le 20 août, à treize heures !

J’étais l’hôte d’une table joyeuse. Dans Toulouse enfiévrée par une nuit de fusillades, d’explosions, le maquis faisait son entrée. Motos, autos, camionnettes, camions se succédaient, portant hommes de tous âges, mal équipés, mal vêtus, stigmatisés par les privations, les souffrances, mais avec une flamme dans les yeux, que, seules, les balles pouvaient éteindre.

Une élite passait, portant la France, la vraie, la grande dans ses drapeaux.

Et les cris, les bravos, l’enthousiasme de la masse !

Sur une place, au faîte d’un kiosque, les trois couleurs avaient été hissées et la « Marseillaise » hurlée par des voix qui n’en pouvaient plus.

Long repas coupé, entre la table et les fenêtres, d’allées et venues continuelles. Au dessert, les vins aidant, la guerre, n’était plus qu’une question de jours et les espoirs les moins fondés devenaient certitudes.

Et toujours au dehors, le délire, le déchainement d’une foule excitée par le courage tranquille des autres, d’une foule qui refluait dans les maisons, éperdue, affolée à la moindre alerte, mais qui ressortait, plus ardente et bruyante, tout danger écarté…

 

… Au matin la ville redevenue paisible, j’ai voulu rejoindre mon poste, mais les F.F.I. occupaient les ateliers où je travaillais en interdisaient l’accès.

Que faire dans Toulouse ? Je pressentis un de mes chefs. Il ne vit point d’obstacle à un retour provisoire chez moi. Mais les trains ne circulaient pas et les routes étaient peu sures. Me lancer à vélo ? Le samedi j’en avais repoussé l’idée. Je l’ai accueillie le lundi ! Je suis parti.

Que de chemins, que de détours pour ne pas me heurter aux convois, aux colonnes en retraite, aux trainards allemands qui raflaient les vélos !

Entre Pompignan et Grisolles, exténué et affamé, j’ai demandé un casse-croûte à une femme qui rinçait son linge dans le canal dont je longeais la rive.

Dans sa maison toute voisine, tandis que je mangeais, elle m’apprit :

-          Hier, à Finhan, on s’est battu. Il y aurait des morts et des blessés…

-          A Finhan ? insistai-je

-          On me l’a dit. A présent, vous savez tout ce que l’on raconte !...

-          La faim coupée je restai là, un moment, sans plus rien dire ni entendre puis me levais, voulus payer, mais, sur un geste offensé de la bonne hôtesse, remerciai et repartis

Sur un pont passait très lente une file d’autos encadrée de fuyards, le fusil en attente. Je disparus dans un fourré. Peu après, j’eux des ennuis avec ma roue libre. Je dus rejoindre Grisolles à pied. Un mécanicien m’éconduisit : On lui avait pris l’outillage. Il me dissuada d’un confrère dont trois voitures venaient d’être volées dans le garage. Un dernier, volets clos sur son atelier, déjeunait.

J’ai attendu près de sa table, aiguillant ses propose sur les faits alarmants que je venais d’apprendre.

-          Il parait qu’à Finhan ?...

Il ne savait rien de précis si ce n’est qu’on avait enterré le matin même trois Allemands à Grisolles et scié sans anesthésique la jambe d’un autre.

-          Il fallait l’entendre ! me disait-il.

Dépanné, il m’engagea vivement à m’écarter de la grand-route et à prendre les chemins du bas, vers la Garonne. Je suivis son conseil. A un carrefour j’hésitai. Une femme me renseigna mais je l’interrogeai encore :

-          Qu’est-ce qu’on me dit…qu’à Finhan ?...

-          Pas à Finhan, à Montech, me répondit-elle, à la Vitarelle !...

Mais elle ne pensait pas qu’il y eut de victimes.

Au pont de Verdun, le maquis m’arrêta. L’intervention d’une jeune fille m’ouvrit la route : Arlette Augé, une de tes petites amies d’enfance. Par elle enfin ! j’allais savoir, j’allais apprendre. Mais pourquoi, soudain, ce regard, cette pitié, ces larmes ?

            Je ne dis, ne criai qu’une chose : ton nom.

-          Jean ?

-          Il est blessé, monsieur Lacaze !...

-          Je veux savoir !...je veux savoir !...Il est mort n’est ce pas ?

Pas de réponse mais un front accablé qui, lentement, s’incline.

-          Ah !...

Il y avait des gens autour d’Arlette, beaucoup de gens qui, comme elle, curieux, à l’affût de nouvelles, avides d’émotions s’étaient mêlées aux F.F.I. Ils me regardaient avec insistance.

            Eh bien quoi ? Que me voulaient-ils ?

            J’ai enfourché ma bicyclette et, tout pareil comme j’étais venu, je suis reparti par les chemins de la « Rivière ».

            Il y avait toujours du soleil dans le même ciel bleu et dans l’air lourd, la même odeur d’herbes fauchées séchant en piles. Aussi verts étaient les feuillages et, dans ce champ qu’il déchaumait, ce laboureur, comme tantôt s’impatientait après les taons qui harcelaient son attelage.

Mort !... toi, Jean ?...

 

….       Les « Couffets » ! Un bon recoin. J’y faisais de bonnes affaires. Et ces gens là !...Je les connaissais bien, pourtant !...Ils détournèrent la tête …Ah ! je comprends !...Ils ont un garçon de même âge.

            Mort !!!

            Trois mois à peine !...La Faculté !...Les examens !...Les résultats définitifs que j’allais attendre !...Reçu, parbleu !

            Dans cette bicoque aux volets clos, au seuil mangé par l’herbe folle il y avait, avant, une petite vieille. Quelle marchandeuse, bon Dieu !...

            Mort ! mort !

            La « Gaule de Courdy » !...J’arrêtais, parfois, ma camionnette pour m’y divertir d’un pêcheur dont l’engin était fait de deux branches liées entre elles et d’une ligne dont la ficelle avait comme flotteur un volumineux bouchon rouge.

            Tué !!!

            Alors cela était possible : un cadavre de toi ? des blessures ? du sang ?...

            Et déjà la « Mirolles », ses maisons perdues dans la plaine et, là-bas, ce clocher s’élevant tout petit et tout rose sur ce remblai, aux confins des champs : elle devait savoir la marraine de Monbéqui.

            - Monsieur Lacaze, monsieur Lacaze !...

            Une voix pitoyable !...A quoi bon ? Je savais déjà…J’ai roulé sans l’entendre.

            Et ta maman, ta mémé qui devaient être seules quand elles ont appris !...

            « La Briffe », « Petit Jointet ». Deux bordes écartées ressortissantes de Finhan.

            J’arrivais !... Plus qu’une épaisseur d’arbres à traverser dans le « Ramier ».

            Dans l’ombre verte des peupliers j’aurais voulu aller sans cesse, aller sans fin, et je ralentissais, ralentissais…Mais déjà, les toits familiers : l’abattoir, les Palu, la maison !...

            Des jeunes gens appuyés aux murailles, je ne me rappelle qu’Etienne Courrech et Albin Couraud qui voulaient m’alléger de mon havresac.

            Et, tout de suite prévenus, tonton, arrivant déjà sur la porte : « Mon pauvre Raymond ! mon pauvre Raymond ! », ta maman surgissant sur ses pas, m’étreignant convulsive : « Du courage, mon petit, du courage ! » me disait-elle. Et ta mémé, ta mémé qui levait les bras et faisait « Pécaire ! » d’une petite voix aigüe d’enfant !... »

 

A la lecture de ce passage nous sommes emplis su feu de la description et du ressenti terrible du drame qui vient de se jouer.

 

 Années se sont écoulées et, à quelques minutes près (13 heures sont proches) il nous est possible d’imaginer la scène.

 

Un bref passage sur le pèlerinage campe plus intensément l’histoire :

 

« Ce pèlerinage à la Vitarelle, je l’ai refait, seul, un lumineux matin, avant qu’août ne finît. Avide de détails j’avais interrogé encore, couru de quartier en quartier, de maison en maison et, lassé de trier le certain de l’inexactitude, j’étais revenu dans le champ, à l’endroit où tes yeux se fermèrent, méditer et penser à toi.

Deux jeunes filles, les premières étaient venues te reconnaître et ta pose, dans la mort, elles l’avaient trouvée belle…

Tu dormais, comme harassé par une longue marche. Ta tête reposait sur ton bras allongé et ta main gauche, à l’épaule, tenait toujours la courroie de ta mitraillette. Un short et un maillot bleus te vêtaient : un ensemble que tu aimais bien pour le tennis ou le canoë. Aurais-je cru, à tes quinze ans, qu’il te servirait pour la guerre et que deux taches rouges le souilleraient un jour !...

Tout seul, dans les champs désertés, dans la promiscuité teutonne, de longues heures tu es resté, Jean !...

Et le ciel était bleu, plein de rayons qui caressaient la terre, pailletaient d’or le frémissement es feuillages, rajeunissaient les vieux clochers. C’était, en d’autres ans, le temps où les villages se réjouissaient, où battaient leur plein les fêtes votives, où l’air vibrait des sons des bals, champêtres, de chants d’amour, d’hymnes à la vie.

Mais, en ce dimanche splendide d’été, c’étaient les balles et les grenades qui chantaient et le bétail qui mugissait bramait à mort dans les étables qui brûlaient. Car les flammes montaient de ci, de là, dans tes entours ainsi qu’issues d’immenses cierges : de Ménassat, de Lespiau, de Mathaly, les toitures, les murs s’effondraient dans les braises ; chez les Lacaze, nos cousins, « La Grange » crépitait de toutes ses meules, de tous ses hangars : chez les Ferrari, aux « Barris », un pailler se réduisait en cendres ; chez Chaubet, dont tu n’avais pu fuir les terres, c’était un matériel de battage que le feu dévorait.

Et toi, mon Jean, petit point bleu sur l’or du chaume, tu étais là, dans la vaste plaine et à terre, avec toi, étaient nos ambitions et toutes tes années inutiles d’études !... »

 

André Gide, dans une proposition de lettre-préface dénonce clairement l’utilité de ses « âmes si nobles et si belles » des enfants morts pour la France : « …Nous avions grand besoin de leur beauté, de leur noblesse ; et si leur sacrifice a sauvé la France, le sacrifice des meilleurs, la France en reste lamentablement appauvrie…Sans doute ces deuils sont affreux ; tant de promesses, tant d’espérances…Mais c’est grâce à cet insigne holocauste que la France aujourd’hui peut renaître ».

 

Ces paroles de 1946 préfigurent si peu de temps après les inquiétudes que pressentons de nos jours.

 

70 ans ont passé et notre présence face à cette stèle fièrement restaurée indique ouvertement par delà les lignées de platanes et l’intersection de ces deux voies routières la charge que nous avons de lire l’histoire et de la redire encore à nos enfants et nos proches pour qu’ils connaissent la rumeur du vent dans les branches et le roulement des véhicules sur les routes.

 

Il ya 70 années cette rumeur et ce roulement existaient déjà mais colportaient une connotation tellement différente.

 

Il est donc tout naturel et même légitime que vous, autorités civiles et militaires, vous porte-drapeaux d’excellence, vous Mesdames et Messieurs soyez remerciés de votre présence et du temps pris pour honorer la mémoire de celles et ceux qui nous ont permis d’être là en ce jour anniversaire.

hommage de André Garrigues, Président du "Maquis des Carottes"

Chers amis,

 

Voici une assemblée que tous nos disparus,  Anciens du Maquis des Carottes auraient certainement appréciée. Nous avons une pensée émue envers eux dont les mots «Liberté» effleuraient leurs lèvres, mais aussi et en tout premier lieu « Patrie » assortie de « Justice ». Ils ne pensaient pas autrement !

Le quotidien de chaque Français qui se respectait était jonché de ces désirs. La prise en main du Général de Gaulle débouchant sur la création du CNR et les nombreuses mesures prises pour faire évoluer la Résistance intérieure s’est avérée après de longs mois être une option majeure.  Nous ne pouvions pas continuer à baisser la tête face à l’hydre germanique et ses sbires. Peu à peu les jeunes gens affluent vers les maquis, refusant le diktat maréchaliste suivant les ordres et les bons-vouloirs de son Führer.

Impossible donc de vivre dans des conditions aussi désastreuses, mieux vaut mourir … avec les honneurs.

Depuis 4 ans déjà, après la débâcle de juin 1940, l’exode des populations, la ligne de démarcation,  la France libre et l’autre …

Non, quiconque a un peu de bon sens ne peut pas accepter cette ignominie. La France vit sous la honte ! Avec des ressortissants se proclamant français et capables de délation, d’antisémitisme prononcé, capables du pire pour s’extraire de la gangue dans laquelle ils se sont enlisés.

Non ! Les 130 gars qui composent le Maquis des Carottes, intégrés à la 10ème Compagnie de l’Armée secrète FFI, et leurs agents de liaison ne peuvent en aucun cas accepter de se laisser attendrir par des discours paternalistes et tellement mensongers. Ils se rangent donc  tout naturellement du côté de la clandestinité.

Ainsi s’exprimait leur chef  André BRUNEL  alias Bourcier dans son discours du 20 août 1945, «Glorieux camarades qui en donnant votre vie, avez rempli jusqu’au bout le serment que nous avions tous fait en entrant dans la lutte … »

La vie au maquis n’est pas aisée. Et pourtant malgré les vicissitudes, chaque groupe s’organise, se forme du mieux qu’il peut avec le peu de moyens mis à leur disposition, jusqu’à devenir opérationnel. Tant et si bien qu’au surlendemain du débarquement de Normandie le 9 juin 1944 notre petite troupe armée de 25 mitraillettes STEN,  occupe Lavit et ce malgré la présence des SS dans les Communes de Beaumont, Auvillar, Larrazet et Castelsarrasin.  Il s’agit là de l’accomplissement d’un geste audacieux mais utilisé en tant que tel pour démontrer tant à la population qu’aux Nazis qu’un Maquis existe et qu’il faudra bien compter sur lui !

Bientôt renforcé par les membres espagnols de l’UNE, qui se battront aux côtés de leurs camarades français pour conquérir  une cause identique : la Liberté.

Le 06 août, le Maquis de Lavit occupe Beaumont et réquisitionne le matériel dont il aura besoin très prochainement. Tout est programmé, les ordres arrivent épisodiquement, mais chacun sait que bientôt quelque chose va se passer.  On ressent une évolution, en effet, la population semble reprendre lentement confiance, les Allemands n’ont plus autant de fougue … se démoralisent …  L’organisation des maquis se fait plus précise mais malheureusement l’armement est attendu et  vient  très parcimonieusement du Gers voisin ! 

Voici que le débarquement de Provence lancé avec  l’opération DRAGOON, va motiver les troupes intérieures au 15 août 1944. Dès lors, un peu partout dans notre Sud-ouest, la Libération rapproche son aile : le 17 août à Cahors et à Tarbes, puis  le 18 août à Rodez, et le 19 un peu partout (Agen, Montauban, Auch, Toulouse, Lourdes…), le 20 c’est au tour de Pau et d’Albi … Partout c’est l’insurrection, partout le peuple se soulève, partout le peuple reprend son souffle … Il y a des combats violents, à armes inégales, livrés par des troupes d’occupation sans foi ni loi, c’est la débandade … mais elle entraine inévitablement des pertes humaines. 

C’est ainsi que lors de ces fameux combats menés en ces lieux historiques de Lavitarelle, que le FFI Jean Lacaze, 19 ans, a été mortellement blessé. Lui qui, quelque peu mélancolique dans ses nombreux écrits a apprivoisé la mort, murmure sa tristesse durant ses années d’études forts brillantes.  Au lycée Ingres, il fut l’ami de Louis Sabatié et de nombreux autres élèves qui s’impliquaient dans la résistance étudiante. Dans leur grande désinvolture ils savaient tous deux où cela pouvait les conduire.  Jean Lacaze, l’esprit torturé ne peut se résoudre à ne rien faire. Il prendra sa décision et rejoindra le maquis de Lavit. Il écrira sa dernière lettre à l’attention de ses parents. Il sait déjà qu’il ne reviendra pas.  Il sait déjà qu’il mourra pour la Liberté, les armes à la main. Et il est mort là, à quelques dizaines de mètres alors que son « Groupe Bes » de Finhan  était pris à partie par un tir d’armes automatiques, et qu’il fut contraint de décrocher en progressant à découvert.

C’est dans un vacarme assourdissant de moteurs, de détonations et d’explosions, de feu, d’incendies et d’atrocités que Jean Lacaze succède de quelques minutes à Catherine Clamens  tuée elle aussi par la barbarie Nazie. On peut lire sur sa stèle au bord de la route 813, l’épitaphe «Ici les hordes hitlériennes assassinaient Catherine Clamens, le 20 août 1944. Passant, souviens-toi ».

Mais dans cet élan, je ne saurais oublier les amis Maquisards de Cabertat qui ont eu à déplorer, de nombreuses pertes  mais aussi de tragédies. Je pense bien sûr, aux 2 malheureux qui furent enterrés vivants le 26 juillet 1944 au lieu-dit Châteauroux sur cette même Commune de Montech.  Comment Jean Lacaze a-t-il vécu ces évènements, après les rafles, la maltraitance, les exécutions sommaires suivant les tortures infligées aux malheureux suppliciés ?.  Un seul peut-être le sait, son seul véritable ami et confident Pierre Coulon.  Lui seul pourrait nous dire –s’il le peut encore- ce que ressentait Jean, son grand Ami. Chacun à leur manière ont défendu leur Terre, leur idéal, leur liberté, leur honneur.

La Nation toute entière a reconnu leur mérite et les a honorés car ils sont morts pour le France.  Oui, ils sont morts pour la France, ils sont morts pour leur Patrie.  Et nous ne pouvons oublier aujourd’hui pas plus que nous n’avons oublié hier et  que nous n’oublierons demain, nos valeureux combattants de l’Ombre.  Nous ne sombrerons pas dans l’amnésie. Aussi en ce jour solennel du 70ème anniversaire nous honorons tout particulièrement Jean Lacaze, le Finhanais, le poète destiné à un avenir prometteur, qui n’a pu aller au bout de son agreste chemin.

Jean Lacaze, cette Place est désormais la Tienne que tu partages avec tes amis combattants au sein de la 10ème Compagnie : Yves Le PERF, André ROBIN, Jacques LABRUNE, Joseph JUAREZ et René MOUSSAC eux aussi morts pour la France. Vous vous êtes retrouvés dans un coin de Paradis, quelque part, là-haut ?? Et nous, nous perpétuons ici bas, votre mémoire pour nourrir nos âmes en peine. Nous avons besoin de retrouver en vous la force qui vous a permis de prendre la mesure de la réalité du moment.

Mais cette réalité est toujours d’actualité !

Je voudrais pour conclure, vous dire combien les survivants de cette époque que je salue, (et j’en compte quelques uns parmi nous : Maurice Delaux, Marcel Delos, Mme Daimé sa soeur, …) sont heureux de savoir que leur Amicale donne une suite à leur histoire. Cette histoire il est vrai très locale, mais tellement forte dans la représentation que l’on peut en donner. Il y eu beaucoup de sang versé pour retrouver la Liberté, l’égalité et la fraternité. Ne ternissons pas la générosité de nos parents et de nos grands-parents qui ont tant donné pour nous assurer un avenir meilleur.

Merci à tous, présents et excusés, qui par vos encouragements, votre aide, votre participation, rendez pérenne notre Amicale du Maquis de Lavit fondée en 1945.

Merci à la Municipalité de Montech à laquelle j’associe les jeunes élus, mais aussi au Conseil Général, qui ont entendu avec intérêt, les besoins dolents, de redorer les sites de mémoire tel que celui-ci.

Je vous remercie.